Muséum de Grenoble

Prochaines conférences

"Comment s'adapter aux dérèglements climatiques ?"

 

Mercredi 4  octobre 2017 à 18h30

Auditorium du Muséum - entrée libre et gratuite

Conférencier :  Jacques Blondel, Directeur de recherche émérite au CNRS

 

Les dérèglements climatiques sont l’une des composantes de ce qu’on appelle le « changement global ». Ils imposent de nouvelles contraintes aux organismes qui y répondent de plusieurs manières, soit en se déplaçant, ce qu’on appelle la « traque à l’habitat », soit en s’adaptant à ces nouvelles contraintes en restant sur place.

S’ils s’adaptent ils peuvent le faire de deux manières : par ajustement de leur comportement, par exemple en avançant la date de leur reproduction ou en revenant plus tôt de migration, processus qui relèvent d’une plasticité phénotypique. Mais ils peuvent aussi le faire par une réponse génétique aux nouvelles pressions de sélection imposées par ces changements ; il s’agit alors de processusmicro-évolutifs.

Des recherches récentes ont montré que les deux types de processus peuvent interagir pour accélérer le processus d’adaptation. De nombreux traits d’histoire de vie non indépendants les uns des autres (sélection de l’habitat, migration, date de reproduction, fécondité, mue etc.) sont impliqués dans ces changements.

Comme les espèces ne répondent pas toutes de la même manière à ces changements, de nouveaux types de peuplements et d’écosystèmes sont observés. Les mécanismes entrant en jeu seront expliqués à l’aide d’exemples concrets empruntés chez les oiseaux mais aussi chez d’autres groupes animaux et végétaux.

L'APHID (Association pour le Patrimoine et l'Histoire de l'Industrie en Dauphiné) organise une conférence en collaboration avec le Muséum et les Amis du Muséum (www.aphid.fr)

 

"Gueymard et Vicat, trente ans d'amicale collaboration"

 

Lundi 20 novembre 2017 à  18h

Auditorium du Muséum - entrée libre et gratuite

 

Conférencier : Francis Durand

 

En 1803, dans les locaux du lycée de Grenoble, deux jeunes garçons préparent le concours de l'école polytechnique. Ils ont été remarqués par le préfet Joseph Fourier, et placés sous la houlette bienveillante de ce bon monsieur Chabert, professeur de mathématiques. Le plus agé, Louis Vicat, fonctionne comme répétiteur ; il réussit le concours en 1804, puis devient ingénieur des ponts et chaussées. Le plus jeune, Emile Gueymard, intègre deux ans plus tard et devient ingénieur des mines.

Vingt ans plus tard, ils se retrouvent, travaillant côte à côte dans la grande salle du laboratoire de la faculté des sciences, place de la Halle à Grenoble.

Entre temps, Vicat s'est heurté aux problèmes de tenue des maçonneries dans l'eau. Il a lancé un vaste programme expérimental qui l’a mené à définir les pierres à ciment à utiliser et les traitements à leur faire subir pour fabriquer les liants cimentiers. Puis il a mobilisé ses collègues de la France entière pour répertorier les sites exploitables. Gueymard a parcouru le Dauphiné pour répertorier ses ressources et ses productions métallurgiques ou minérales ; puis il a créé le laboratoire de chimie de Grenoble.

Maintenant de multiples échantillons de pierres à ciment convergent vers Grenoble. Gueymard et Vicat les analysent et en tirent des informations dont ils font profiter la jeune communauté des cimentiers.

Vicat et de Gueymard seront, l'un comme l'autre, appelés à la capitale pour exercer les plus hautes responsabilités administratives, mais chacun mettra en avant son patriotisme dauphinois pour terminer à Grenoble une carrière entourée de l'estime générale.

 

  Emile Gueymard            Louis Vicat

"Vers une fonte prochaine inéluctable des glaciers des Alpes !"

 

Mercredi 13 décembre 2017 à 18h30

Auditorium du Muséum - entrée libre et gratuite

 

Conférencier : Christian Vincent, Ingénieur de recherche, Laboratoire de glaciologie, UGA

 

 

Au terme d’une remarquable étude publiée au début de cette année dans l’excellente revue américaine, Geophysical Research Letters, un groupe de glaciologues alpins conclut, information quelque peu alarmante, que la fonte des glaciers dans l’arc alpin est sensiblement plus rapide que ce qu’avaient estimé jusqu’alors les scientifiques :

Christian Vincent et alii, Common climatic signal from glaciers in the European Alps over the last 50 years, Geophysical Research Letters, 2017, Vol. 44, Issue 3, 1376-1383

Dans la perspective de cette étude, ce groupe de glaciologues a retenu un échantillon de 6 glaciers alpins étagés entre 2400 et 3500 mètres d’altitude, glaciers dont l’évolution du bilan de masse (c'est-à-dire la différence entre l’accumulation hivernale due aux précipitations neigeuses et l’ablation printanière et estivale occasionnée par la fonte) avait été systématiquement mesurée au cours des cinquante dernières années.

Il ressort que, à la très grande surprise de ce groupe, l’évolution du bilan de masse s’est déroulée de manière pratiquement parallèle entre les six glaciers choisis, témoignant clairement, et ce en dépit de particularités locales et régionales, d’une unité climatique à l’échelle de la chaîne alpine pour cette gamme d’altitudes.

Jusqu’alors, les glaciologues estimaient que au cours de la décennie, 2003-2012, les glaciers alpins avaient perdu, en moyenne annuelle, 1,15 mètres d’épaisseur de glace de plus que durant la période de référence précédente, 1962-1982, période marquée généralement par une relative stabilité. En fait, la fonte était notoirement sous-estimée. En effet, les nouvelles mesures démontrent que celle-ci a augmenté en réalité de quelques1,9 mètres de glace par an !    

En conclusion, ce travail confirme amplement les prévisions très pessimistes des glaciologues. Si le rythme de cette évolution continuait, voire même s’amplifiait, on doit craindre la disparition inéluctable, et ce avant la fin du présent siècle, des glaciers de la chaîne alpine.