Les hellebores
[LA BIODIVERSITE – LES PLANTES et LES HERBIERS AU MUSEUM]
Les Hellebores du jardin des plantes du Muséum de Grenoble.
De l’ordre des RANUNCULALES, famille des RANUNCULACEAE, le genre Helleborus comprend 21 espèces.
L’hellébore noir (Helleborus niger), l’hellébore vert (Helleborus viridis), l’hellébore fétide (Helleborus foetidus) s’épanouissent dans les coteaux, les bois dans presque toute la France et les jardins.
L’hellébore noir (Helleborus niger),
l’hellébore vert (Helleborus viridis),
l’hellébore fétide (Helleborus foetidus).
Du grec helein, faire mourir, bora, nourriture : les hellébores ou ellébores sont des plantes vénéneuses. Elles appartiennent à la famille des Renonculacées qui comprend environ 1800 espèces. Cette famille peut être qualifiée de famille par enchainement. Les espèces à structure primitive diffèrent fortement des espèces de type évolué, mais sont reliées entre elles par de nombreux intermédiaires : de la fleur primitive l’anémone à des espèces évoluées comme l’Ancolie, puis la fleur d’Aconit et le Pied d’Alouette, en passant par les hellébores.
Chez l’hellébore, la transformation des nectaires pour acquérir des pièces nouvelles (une seconde enveloppe florale), est encore peu avancée. La fleur comprend 5 sépales pétaloïdes, 10 à 15 pétales verts peu visibles en forme de cornet, puis de nombreuses étamines et des carpelles.
Fleurs vertes ou verdâtres, fortement inclinées : hellébore fétide, hellébore vert
Helleborus foetidus : tige 20-80 cm, robuste et très feuillée. Les feuilles sont caulinaires, coriaces, pédalées, 7-11 segments lancéolés, dentés. Les fleurs peu ouvertes, bordées de rouge, sont nombreuses et penchées. Les sépales dressés concaves égalent les étamines. Les pétales sont plus courts que les étamines. Les follicules sont plus longs que larges, avec un bec égalant la moitié de leur longueur.
Elle croît naturellement dans les rocailles, les friches, les buissons et les terrains stériles ombragés.
Helleborus viridis : tige 20-40 cm. Les feuilles sont radicales, pédalées à 9-11 segments lancéolés finement dentés, les feuilles florales sessiles, digitées, vertes. Les fleurs peu nombreuses ont des sépales étalés verts plus longs que les étamines. Les pétales dépassent la moitié des étamines. Les follicules sont presque aussi larges que longs à bec égalant la moitié de leur longueur. Elle se trouve fréquemment cultivée.
Fleurs blanches ou rosées, très grandes (5 à 6 cm), solitaires ou géminées : hellébore noire ou rose de Noël
Helleborus niger : tige nue portant dans le haut 1 à 3 bractées ovales, entières ou fendues. Les feuilles sont toutes radicales, pédalées, coriaces à 7 segments dentés au sommet. Les sépales étalés, à peine concaves, les pétales à peine plus courts que les étamines. Les follicules plus longs que larges à bec égalent leur longueur.L’hellébore niger se traduit mot à mot par hellébore noir. C’est cependant la rose de Noël à fleurs blanches. Mais le rhizome souterrain est noirâtre. Le nom décrit exactement un aspect peu apparent de la plante.
Plante des montagnes calcaires européennes, la Rose de Noel est cultivée dans les parterres.
feuille pédalée : les folioles ne sont pas insérés au même point ; à partir de la foliole médiane (ou terminale) chaque base de foliole porte la foliole suivante.
D’autres hellébores poussent dans la région montagneuse de la Corse et en Sardaigne, (Helleborus argutifolius) plante souvent inféodée à Helleborus lividus, endémique de Majorque, indigènes des iles Méditerranéennes.
La reproduction : ses graines, qui possèdent un éléosome (excroissance charnue accrochée à la graine), sont semées par les fourmis (myrmécochorie)
« Grâce à La Fontaine, l’opinion de l’Antiquité sur l’emploi de l’Ellébore contre la folie est passée dans la mémoire populaire « Ma commère, il faut vous purger, avec quatre grains d’ellébore » – fables, VI, X, 6-7
L’ellébore de la Fable de La Fontaine (le lièvre et la tortue) est un nom vulgaire du Veratrum album (famille des Melianthiaceae – ex Liliaceae)
Deux illustrations de l’herbier général dit « herbier Mounier » et détail d’un spécimen cueilli au jardin botanique de Grenoble le 17 avril 1878 au Muséum de Grenoble ainsi qu’une illustration de l’ouvrage Flore d’Allemagne du Prof Dr Thomé à la Bibliothèque du Muséum de Grenoble. Fournies par Matthieu Lefebvre, responsable collections botaniques au Muséum de Grenoble.


